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Vacances et Burn-out Parental : quand les « congés » se transforment en cauchemar

Iris Cotteaux
8 mars 2026
7 min de lecture

Les vacances sont traditionnellement perçues comme des moments de joie et de repos. Pourtant, pour certains parents, l'expérience ne fait qu'accentuer les symptômes d'un burn-out parental déjà bien installé. Éclairage à partir d'une étude récente.

Quand les « vacances » se transforment en cauchemar pour le parent en burn-out parental

ou le paradoxe des « congés »

Les vacances, et plus particulièrement les périodes de fêtes comme celles de Noël, sont traditionnellement perçues comme des moments de joie, de repos et une opportunité pour tisser des liens familiaux nouveaux avec ses proches.

Pourtant, pour certains, l'expérience ne fait qu'accentuer les symptômes d'un burn-out parental déjà bien installé, plongeant les parents dans une détresse sans nom, et les faisant redouter un contact continu, prolongé avec leur progéniture.

Parmi les études réalisées, rares sont celles qui portent sur les congés et leur impact sur le burn-out parental. Nous pouvons bien entendu nous baser sur celles qui traitent des conséquences de l'isolement de certains parents pendant la période particulièrement qu'a représenté celle du COVID dans plusieurs pays (Bakel et al., 2022), qui ne manquent pas de mettre en évidence une augmentation significative de la prévalence de l'épuisement parental pendant la pandémie. Un article récent, cependant, a attiré notre attention en lien avec les congés scolaires, et plus particulièrement avec les fêtes de fin d'année, les fameuses « fêtes de Noël » (Teuber, Z., et al., 2025). Cet article met en lumière les mécanismes psychologiques délétères qui s'opèrent chez ces parents, révélant pourquoi les vacances peuvent devenir un fardeau plutôt qu'un soulagement.

Sonder le quotidien des parents

Pour comprendre les dynamiques affectives complexes qui se jouent durant cette période intense, des chercheurs ont mis en place un protocole d'étude approfondi. Ils ont suivi 293 parents britanniques, ayant tous au moins un enfant de moins de dix ans, sur une durée de 35 jours consécutifs, englobant la période de Noël. Il s'agissait d'interroger les participants trois fois par jour (à des moments aléatoires) via une application mobile pour capturer leurs émotions et leurs ressentis en temps réel, dans leur environnement naturel. L'accent était mis sur la capacité des parents à exprimer des émotions « authentiques » vis-à-vis de leurs enfants – le fait d'exprimer des émotions correspondant à ce qu'ils ressentaient réellement. En complément, des évaluations plus complètes de leur niveau de burn-out et d'expression émotionnelle ont été réalisées avant et après cette période de 35 jours. Cette approche a permis de recueillir une quantité massive de données (plus de 14 000 observations) offrant une vision précise de la situation.

Conclusion de l'étude : Le burn-out éteint l'expression émotionnelle

La période de Noël, bien que festive, est souvent synonyme d'une charge mentale et logistique accrue pour les parents : organisation des repas, achat des cadeaux, gestion des visites familiales, et attentes sociales élevées de créer des moments « parfaits ». Pour un parent déjà en état de fragilité, cette pression supplémentaire vient puiser dans des ressources déjà taries.

En conséquence, le parent se retrouve plus souvent dans l'incapacité d'être émotionnellement authentique. Il peut afficher des émotions attendues (la joie, l'enthousiasme) qui ne correspondent pas à son état interne. Ce décalage, s'il peut sembler protecteur à court terme pour préserver l'ambiance familiale, est coûteux psychologiquement et peut, à long terme, aggraver le sentiment de déconnexion vis-à-vis de soi-même et de ses enfants.

L'étude a également montré que les parents qui présentaient un niveau de burn-out élevé au début de l'étude avaient tendance à montrer une plus grande « inertie » (leurs pics d'épuisement duraient plus longtemps) et une plus grande « variabilité » (l'intensité de leur burn-out fluctuait de manière plus ample et plus intense), révélant un état affectif plus rigide et plus difficile à réguler.

Le moindre « congé », un supplice

Au-delà des vacances de Noël, pensons en France à la somme de tous ces jours fériés, ces week-ends, ces vacances scolaires – particulièrement longues en été –, soit à 203 jours par an environ, durant lesquels certains parents en burn-out prennent totalement en charge la garde de leur(s) enfant(s). Plus de 200 jours durant lesquels, sans prise en charge ni soins, ils peuvent « subir » leur situation et, potentiellement, réagir à celle-ci par différentes formes de négligence et/ou de violence (verbale, physique, psychique) envers leur(s) enfant(s).

Il serait peut-être ainsi temps que l'Hexagone considère le burn-out parental comme une priorité nationale.

Source

Teuber, Z., et al. (2025). Higher momentary parental burnout predicts lower subsequent emotional expression in parents during the festive season. Communications Psychology, 3(1), 167.

Bibliographie

Van Bakel, H., et al. (2022). Parental burnout across the globe during the COVID-19 pandemic. International Perspectives in Psychology: Research, Practice, Consultation, 11(3), 141–152.

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